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Histoire & Patrimoine : du village à la cité industrielle

De l'Antiquité jusqu'à la révolution industrielle, Vénissieux a été un territoire essentiellement agricole.

À l'origine de la commune : Véniciès

Les plus récentes campagnes de fouilles1 ont mis à jour des vestiges de la période du bronze. Des textes datant du Moyen-Age mentionnent également une villa "Véniciès", qui, étymologiquement, aurait donné "Vénissieux".2

Du IXème au XIème siècle Vénissieux est rattachée au royaume de Bourgogne, puis tombe sous la dépendance du Saint-Empire romain germanique. Après avoir été terre dauphinoise et propriété des comtes de Savoie, Vénissieux et ses habitants intègrent définitivement le royaume de France.

Le château des Chandieu, implanté sur les lieux de l'actuelle Place Léon-Sublet, est détruit à la fin du XVIIème siècle. La rue du château a repris l'ancien tracé de la muraille, ce qui explique sa forme circulaire autour de l'église Saint-Germain ; elle est de ce fait la plus ancienne rue de Vénissieux. Vénissieux devient par la suite chef-lieu de canton en se détachant de Bron. En 1790, la ville se trouve iséroise et compte 2100 habitants.

Le XIXème et XXème siècle 

Durant la première moitié du siècle, Vénissieux conserve son statut nourricier vis-à-vis de Lyon. En 1866, on compte près de 400 exploitations agricoles massées le long des axes du bourg. On peut encore observer aujourd'hui dans le centre ancien des fermes qui datent de la seconde moitié du XIXème siècle. Les premières industries s'installent dans les années 1840. Le 2 mars 1852, l'Isère cède, par décret, Vénissieux, Bron, Vaulx-en-Velin et Villeurbanne au département du Rhône.

En 1887, le conseil municipal vote la séparation d'avec Saint-Fons, érigée en commune indépendante3. D'un seul coup, la ville de Vénissieux perd 50% de ses habitants et son industrie est décapitée. Une seule grande entreprise reste implantée sur son territoire, les Établissements Maréchal qui vont faire de Vénissieux "la capitale française de la toile cirée". En 1894, dans une déclaration faite lors d'une séance du conseil municipal, Laurent Gerin, riche propriétaire, explique que l'avenir de Vénissieux passe par son industrialisation.

Vénissieux, capitale de l'automobile

De 1915 à 1917, sur les 400 hectares à proximité de la voie ferrée, un vaste chantier va s'ouvrir et bientôt s'élèvent les 23 hectares de bâtiments des usines Berliet. Dès 1918, l'usine de Vénissieux sera un tiers plus vaste que celle de son modèle américain Ford à Détroit. Les véhicules sont intégralement réalisés dans ces usines. L'usine de Vénissieux, dans laquelle le montage des véhicules est prévu sur tapis roulant, n'a pas son pareil en Europe4. En 1918, pendant la Première Guerre mondiale, trois bâtiments d'obus explosèrent5 détruisant une bonne partie de la ville (dont les vitraux médiévaux de l’église Saint-Germain).

La poussée industrielle

La guerre de 1914-1918 donne le signal d'une industrialisation à grande échelle de la rive gauche du Rhône. Vénissieux va être le théâtre d'une transformation spectaculaire. La guerre provoque une grosse concentration de main d’œuvre et d'outillage et la population de Vénissieux croît, par l’arrivée de migrants appelés à travailler dans les usines. Les implantations d'industries sont porteuses de ressources nouvelles et créatrices d'emplois. 

L'entre-deux-guerres

En 1921, on dénombre 8 050 vénissians. En dix ans, la population a presque doublé. Vénissieux et Saint-Fons forment déjà la plus grosse concentration industrielle de toute la région lyonnaise. Autour des grandes usines vont s'élever alors les premières cités ouvrières. La commune se développe autour de 3 axes : le Bourg, Parilly et le Moulin à Vent.

Cette époque marque également le renouveau de la vie associative. En décembre 1927, la municipalité acquiert sa première œuvre d'art : de l'artiste peintre vénissian Daugmann. Le 3 juin 1934 est inauguré la Maison du Peuple. La concentration des usines et de l'habitat sur un même territoire et le partage de mêmes activités favorisent la cohésion sociale de cette population ouvrière. L'usine Berliet donnera dans la région lyonnaise le départ des grandes grèves du printemps 1936.

 

La seconde guerre mondiale

Le 19 juin 1940 Vénissieux est investie par les soldats ennemis qui s'installent à la Maison du Peuple. Le 7 juillet, ils quittent Lyon et sa région pour se retirer de l'autre côté de la ligne de démarcation qui coupe la France en deux.

En avril 1941, un conseil municipal est installé par le nouveau Préfet du Rhône. En octobre 1942, le patronat lyonnais commence à désigner ceux qui doivent soutenir l'effort de guerre de l'Allemagne nazie. Les ouvriers s'indignent : c'est le début des grèves dans la plupart des grandes entreprises de la région.

La Résistance s'organise à Vénissieux et durant les années 1943 et 1944 de nombreuses attaques ou actions de sabotage seront dirigées contre les usines, dont les Usines Berliet, endommagées par les bombardements. Les raids aériens sur Vénissieux feront de nombreux morts et blessés.

Le 2 septembre 1944, Vénissieux se libère des troupes nazies.

1200
foyers détruits

 

L'après libération

A Vénissieux, 1200 foyers ont été détruits. Louis Dupic, élu Maire le 19 octobre 1944, met en chantier un plan d'extension qui prévoit un important développement de la ville afin de trouver des solutions à la crise du logement. De 1944 à 1947, la municipalité fait un gros effort de viabilisation, d'ouverture de voies et crée les conditions de constructions sur des vastes surfaces. En 1948, Vénissieux ville martyre, reçoit par Max Lejeune, secrétaire d’Etat aux forces armées, la croix de guerre avec l’étoile d’argent « Une commune courageuse qui apporte son aide efficace à la Résistance »6.

 

Des années 1950 à aujourd'hui

En 1962, Marcel Houël est élu Maire de Vénissieux. La ville se transforme et va rapidement se hisser au rang de troisième ville du Département du Rhône. Sur 220 hectares, le chantier de la construction de la ZUP des Minguettes s'ouvre en 1963. Le 1er janvier 1969, la commune de Vénissieux est englobée dans la communauté urbaine de Lyon, la Courly. En 1973, l'essentiel des immeubles sont bâtis.

L'explosion démographique de Vénissieux se poursuit entre 1963 et 1974, avec la construction des Minguettes. En septembre 1981 puis durant l’été 1983, des incidents se déroulent dans diverses régions de France (dont Les Minguettes), donnant les premiers signes des limites et dérives des quartiers de banlieue. Ces événements sont à l'origine de la Marche pour l'égalité et contre le racisme.

En 1987, le métro arrive à Vénissieux. Au cours des années 90, Vénissieux se fait connaître grâce à son équipe masculine de handball, toujours active, qui devient championne de France de 1re division, remporte la Coupe de France et de nombreux succès sur la scène européenne.

Vénissieux est une ville qui revendique une assise populaire de son exécutif municipal, emmené par André Gerin, maire de 1985 à 2009 (et député de 1993 à 2012) puis par Michèle Picard depuis 2009, réélue en 2015 suite à l'annulation du scrutin par le Conseil d’État.

 

Source générale : Maurice Corbel, Vénissieux du village à la cité industrielle

1.  Fouilles au « Vieux Bourg » en 1986 et 1993 (source : Maurice CORBEL, Vénissieux la rebelle,  Édition Cercle d’art, Turin, 1997, 271p)

2.  Villa gallo romaine « Viniciacus, puis Vinicies au Moyen Age et Venic dans le langage populaire (source : R. Brun de la VALETTE, « Vénissieux et Saint Fons », La Vie Lyonnaise, n°135, 1967)

3.  Séparation effective par décret du 26 mars 1888

4. En 1914, l’usine fabrique 6000 obus par jour, puis des camions (40 CBA par jour en 1916) et des chars Renault (1050 en 1918) (sources : site internet de la fondation  http://www.fondationberliet.org/la-fondation/historique-berliet )

5. Explosion de l’Atelier de chargement le 15 octobre 1918, qui a détruit une partie de la ville (source : Vénissieux la Rebelle)

6. Source :  http://www.leprogres.fr/rhone/2015/09/02/le-2-septembre-1944-la-commune-vivait-sa-liberation

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