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Katharina Ziemke "One O'Clock Jump"

 

Vernissage : vendredi 12 mai à 18 heures 30

Exposition : du 13 mai au 8 juillet 2017

 

L’Espace arts plastiques Madeleine-Lambert présente One O’Clock Jump, une exposition monographique de Katharina Ziemke. Sont exposées principalement deux séries de dessins inédites : l’une en couleur au pastel et l’autre en noir et blanc à l'encre de chine. Ces œuvres ont été créées spécialement en résonance avec l'histoire du lieu.

 

Katharina Ziemke est née en 1979 à Kiel en Allemagne, elle réside et travaille à Berlin. Ses œuvres cultivent une part d’ambigüité, d’oscillation de la perception entre réalité et artifice. Dans ses dessins récents, elle met en tension la lumière et la couleur, dans de grands formats aux cadrages dynamiques et surprenants.

Ses couleurs intenses et vivantes nous apparaissent comme des mosaïques indépendantes de la scène représentée. L’artiste a développé sa propre technique, en trois étapes. D’abord elle recouvre le papier d’un fond abstrait coloré et rythmé, puis le fait disparaître sous un aplat noir, mat et profond. Enfin, elle compose l’image en ajourant la matière par grattage et laisse ressurgir la lumière des couleurs. Ce travail précis et minutieux révèle des scènes fascinantes : à la fois photoréalistes et hallucinatoires.

 

Katharina Ziemke explique : "Les lumières de la couleur sont pour moi comme des sons". Elle choisit ses couleurs avec soin et les agence comme des compositions musicales. L’artiste ordonne les teintes selon des règles esthétiques préétablies, en s’inspirant des réalisations du compositeur et artiste Arnold Schönberg.

 

Le titre de l’exposition, One O’Clock Jump, fait référence à une chanson de 1957, de Count Basie, pianiste, organiste et chef d'orchestre de jazz, surnommé la machine à swing : cette musique qui invite à danser, à se "balancer" est aussi une manière d'être du musicien de jazz.

Katharina Ziemke revisite cette période d’effervescence musicale et culturelle pour le jazz, notamment à Harlem, où résidait une partie de la communauté afro-américaine de New York.

 

En lien avec le lieu d’exposition, elle a puisé les sujets de ses œuvres dans des photographies de fêtes des années 1930 : la Maison du Peuple a été construite en 1935 et l’Espace arts plastiques était à cette époque une salle de bal.

Les œuvres de Katharina Ziemke sont ainsi peuplées de corps en mouvement, de dancefloors bondés, de figures acrobatiques exécutées par les couples dansant le lindy hop. Cette danse, parfois appelée jitterbug, est née dans la rue : très énergique, festive et spectaculaire, elle est aux racines du hip-hop.

 

One O’Clock Jump est aussi le terrain d’expérimentations de l’artiste dans les domaines du volume et du son. L’Espace arts plastiques présente en effet une nouvelle sculpture, produite dans son atelier de Berlin. Katharina Ziemke collabore aussi avec le compositeur berlinois Daniel Freitag, invité à imaginer une création sonore spécialement pour l’exposition. A l’instar de l’artiste, celui-ci travaille régulièrement pour le théâtre, avec la Schaubühne (théâtre et salle de concert à Berlin), en collaboration avec les metteurs en scène Thomas Ostermeier et Ivo Van Hove.

 

Xavier Jullien, commissaire de l’exposition, directeur de l’Espace arts plastiques Madeleine-Lambert

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