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Exposition de Marine Lanier "Le Soleil des loups"

Le Soleil des loups révèle une nouvelle facette du travail photographique de Marine Lanier, en tension entre réel et imaginaire.
Vernissage le 18 septembre 2018 - en partenariat avec 9PH.

DEUX PROCHAINS RDV :
Samedi 6 octobre 2018 à partir de 14h
Un bus est organisé par l'association Adele, entre cinq lieux partenaires de 9PH (au départ de Lyon).
Inscription préalable obligatoire auprès d'Adele : infos@adele-lyon.fr - http://www.adele-lyon.fr/home.php#event2227

Samedi 13 octobre 2018 à 15h
Visite de l'exposition et rencontre avec Marine Lanier à l'Espace arts plastiques

 

L’Espace arts plastiques Madeleine-Lambert présente à Vénissieux à partir du 19 septembre les œuvres les plus récentes de Marine Lanier, à l’occasion de l’édition 2018 de 9PH / Lyon septembre de la photographie.

Son exposition Le soleil des loups révèle une nouvelle facette d’un travail photographique axé autour du clan, nourri de littérature (Jack London, Joseph Conrad) et de cinéma (Werner Herzog, Sa majesté des mouches de Peter Brook), évoluant sur un fil en tension entre réel et imaginaire.

Marine Lanier est née en 1981, elle est diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d‘Arles. Ses œuvres ont été présentées dans de nombreuses expositions en France, en Europe, en Chine et aux Etats-Unis. Elle est lauréate de plusieurs prix internationaux et elle a également publié plusieurs ouvrages diffusés à l’international, dont Nos feux nous appartiennent, fruit d’un travail de dix années.

Pour Le soleil des loups, Marine Lanier a suivi durant trois ans le parcours de deux enfants devenus adolescents, un appareil argentique moyen format en main. Sur l’immensité d’un plateau basaltique, dans des bois qui paraissent sans limite et intemporels comme une forêt primaire, leurs jeux se déploient. Un particularisme inouï de ce paysage tient à son histoire géologique : c’est un relief inversé, littéralement « un monde à l’envers ». Les couches anciennes de l’écorce terrestre ont affleuré à la surface, tandis que de plus récentes ont été enfouies au pied du plateau par l’activité du volcan.

Cette métamorphose de la roche et de la terre trouve un reflet vivant dans la croissance et l’émancipation des adolescents : une révolution intérieure dont le paysage est le réceptacle. En recourant au symbolisme le plus essentiel - le soleil, l’eau, le feu, l’arbre ou le chasseur -  les images de Marine Lanier mettent en scène ces éléments comme les dénominateurs communs de l’humanité. Contemplative ou hostile, la nature ici personnifiée dévoile sa beauté enveloppante et ambigüe.

Provoquant une plongée dans ce monde à la fois tendre et brutal, Marine Lanier capte la complexe et sauvage relation qu’entretiennent ce lieu naturel et ses habitants claniques : d’une part une nature indomptable, de l’autre des adolescents qui y évoluent avec force et sans loi.

On lit dans chaque image que leur liberté est immense, déraisonnable, vertigineuse ; elle est comme une expression universelle de l’adolescence elle-même.  Ils connaissent les balmes, la rivière, les aspérités de la falaise et semblent apprendre l’exploration, la chasse, la nage, de la nature elle-même. En une étonnante symbiose, leurs corps (parfois casqués, armés, habillés de vêtements techniques futuristico-primitifs) se confrontent à la rugosité du minéral, la désorientante luxuriance du végétal, la fluide et noire profondeur de l’eau, baignés dans une lumière aveuglante et sombre à la fois : un jour paradoxal, une nuit américaine, le soleil des loups.

Leurs visages d’enfants impassibles les font passer pour des adultes : ils n’ont pas d’âge, comme la forêt elle-même, avec laquelle ils se confondent, camouflés dans les feuillages, portant peintures de guerre dans les fougères, évoluant lentement dans l’eau à peine mobile, comme ces animaux sauvages aux peaux mimétiques qu’on ne découvre qu’au moment de la rencontre, invisibles dans la roche ou l’écorce tant qu’ils le décident.

Dans ce qui apparait comme des rites initiatiques, ces adolescents sylvestres fabriquent eux-mêmes des lances, se déplacent avec des cordes de rappel, ne perdent jamais leur chemin. Ils sont comme le trickster des cultures anciennes : joueurs, dangereux, imprévisibles ; des espiègles qui perturbent l’onde, la surface et l’ordre de nos certitudes sur l’enfance.

 

Remerciements

L’artiste remercie chaleureusement Florentin et Emilien Amblard, leurs parents Séverine et Gilles Amblard, leurs grands-parents Eliette et Etienne Amblard ; et Antoine Picard qui a réalisé un travail sur le même territoire avec la même famille. Cet ensemble d’images est le fruit du lien qui s'est tissé entre toutes ces personnes.

Ce travail est le résultat d’une résidence artistique en relation avec la MFR de Divajeu de 2015 à 2018 dans le cadre du collectif Les climats. Il a reçu le soutien du fonds de dotation InPACT, de la DRAC Rhône-Alpes, de la Région Rhône-Alpes et du Conseil Départemental de la Drôme.

Canyon, 2018 © Marine Lanier

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